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Patrimoine culturel matériel et immatériel de l'UNESCO

La Case Sacrée du Kamabulon de Kangaba

Le Kamablon est la case sacrée de Kangaba, située dans la région de Koulikoro, au cœur du Mandé. Érigé en 1653, ce sanctuaire revêt une importance spirituelle, politique et historique capitale pour les peuples mandingues. Selon la description des sites historiques et paysages culturels du Mandé faite à l'UNESCO par la délégation permanente de la République du Mali, il serait le dernier Kamablon encore existant dans l’aire culturelle du Mandé.

Sa construction suit l’architecture traditionnelle mandingue : un édifice circulaire de 4 mètres de diamètre, bâti en terre crue (banco), avec un toit en chaume, symbolisant la connexion entre le ciel et la terre. Autour du bâtiment, plusieurs éléments renforcent son caractère sacré : trois fromagers (arbres sacrés), un puits, le "wasi" (un espace rituel aux usages précis) et la tombe de Mansa Sèmè, qui serait le fondateur du Kamablon et son premier prêtre gardien.

Dans la tradition du Mandé, le Kamablon est bien plus qu’une simple bâtisse : il est un haut lieu de transmission orale et de prise de décisions communautaires. Il fait office de sénat villageois, ou "vestibule de parole", où se réunissent les anciens, les chefs traditionnels et les griots du clan Diabaté, dépositaires de la mémoire historique du Mandé. C’est en ce lieu que sont débattues les grandes questions touchant à la communauté, dans le respect des principes de gouvernance hérités de l’Empire du Mali.

L’intérieur du Kamablon recèle des objets et du mobilier précieux et symboliques, témoins du passé prestigieux du Mandé. Ces artefacts, souvent inaccessibles aux non-initiés, sont chargés de sens et de mysticisme, rappelant les grandes figures de l’histoire impériale. Tous les sept ans, une cérémonie de reconstruction rituelle du toit a lieu, marquant un cycle de renouvellement spirituel et social.

Lieu de mémoire, sanctuaire des traditions orales et symbole de la permanence de la civilisation mandingue, le Kamablon est l’un des derniers témoins vivants de l’organisation politique et spirituelle instaurée depuis Soundjata Keita et la Charte de Kurukan Fuga.

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La Grande plaine de Kurukan Fuga de 1235 

La plaine de Kurukan Fuga, située au Mali, est un lieu chargé d'histoire et de symboles pour les peuples d'Afrique de l'Ouest. C'est sur cette vaste étendue que, selon la tradition orale, la Charte de Kurukan Fuga fut proclamée au XIIIe siècle par Soundiata Keïta, fondateur de l'Empire du Mali. Cette charte, considérée comme l'une des premières déclarations des droits humains, établissait des principes de justice, de paix et de cohésion sociale qui ont influencé toute la région.

Le premier édifice réalisé par Amadou Toumani Touré, ancien président du Mali, sur cette plaine historique est un monument commémoratif en l'honneur de la Charte de Kurukan Fuga. Ce monument, érigé pour célébrer l'héritage culturel et politique de l'Empire du Mâli, symbolise la continuité des valeurs de paix, de dialogue et de gouvernance juste prônées par Soundiata Keita. Il sert également à rappeler l'importance de la tradition orale et de la mémoire collective dans la construction de l'identité malienne et ouest-africaine.

La plaine de Kurukan Fuga, avec son monument, est aujourd'hui un site de pèlerinage culturel et historique, attirant des chercheurs, des leaders traditionnels et des visiteurs désireux de comprendre les racines de la civilisation mandingue. Elle incarne un message universel de tolérance et de coexistence, rappelant au monde l'importance de préserver et de transmettre ce patrimoine immatériel pour les générations futures.

La Charte du Mandé

La charte du Manden, charte du Mandé, ou encore, en langue malinké, Manden siguikan, est la transcription d'un contenu oral, lequel remonterait au règne du premier souverain Soundiata Keita qui vécut de 1190 à 1255. Il existe deux textes de la charte, provenant des travaux menés à partir des années 1970 par Wa Kamissoko et Youssouf Tata Cissé : le Serment des sages, qui remonterait à 1222, et la Charte de Kouroukan Fouga, qui remonterait à 1236, et aurait été solennellement proclamée le jour de l'intronisation de Soundjata Keita comme empereur du Mâli. Le premier discours serait l'inspirateur du second. La charte du Manden est considéré par les Mandenkas (peuples qui ont en commun la langue mandingue) comme l'une des plus anciennes références concernant les droits fondamentaux. Sa reconnaissance par l'UNESCO qui l'a inscrite en 2009 sur la liste du patrimoine culturel immatériel assoit sa valeur juridique et sa portée universelle.

Œuvre de lettrés, ce texte en forme de serment est connu dans deux versions : l'une datée de 1222 et comportant sept chapitres : le Serment des chasseurs, l'autre de 1236 et comportant quarante-quatre articles : la Charte de Kouroukan Fouga. Ces deux versions ont été retranscrites à partir de travaux conduits depuis les années 1960 auprès de griots dépositaires de ces récits, appartenant en particulier à la confrérie des chasseurs.

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